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La classification du potentiel cancérigène des pesticides par l'Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) est évolutive et l’interprétation des multiples descripteurs pouvant être utilisés pour décrire la cancérogénicité présentée par l’EPA implique que la démarche soit compatible avec l’IRPeQ. En effet, pour alimenter le modèle théorique de calcul des indices de risque, les classes de cancérogénicité doivent être transposées sous forme d’un résultat numérique. Depuis plusieurs années, la classification de l’EPA pour certaines matières actives fait référence à un seuil d’apparition des effets cancérigènes et ne permet plus d’attribuer un pointage selon les critères de l’IRPeQ. Par exemple, lorsqu’il est précisé que le produit est probablement cancérigène à des doses produisant des effets physiologiques responsables de la réponse cancérigène, mais non à des doses inférieures, il devenait difficile de catégoriser le produit dans les classes « probablement » ou « possiblement » cancérigène. Dû à l’incompatibilité entre les termes utilisés par l’EPA et la méthodologie utilisée dans SAgE pesticides pour la classification du potentiel cancérigène, l’INSPQ a redéfini ses critères de classification dans le but de préciser l’appartenance d’un produit à une de ces classes. Une évaluation est réalisée de manière indépendante sur la base des lignes directrices pour l’évaluation des risques liés aux agents cancérigènes de l’EPA et à l’aide de l’étude de données supplémentaires lorsque disponibles.

Comme mentionné dans le guide méthodologique de l’IRPeQ, il importe de faire une distinction entre « analyse de risque toxicologique » et « indicateur de risque ». L’analyse de risque toxicologique sert à quantifier avec précision le risque pour divers scénarios d’exposition, tout en minimisant le plus possible les incertitudes. Par ailleurs, l’indicateur de risque est un outil destiné à faciliter la prise de décision et l'établissement de bilans d’utilisation des pesticides en termes de risques (dangers) pour la santé et pour l’environnement. L’indicateur de risque ne comporte aucun scénario précis d’exposition et n’a pas à inclure tous les paramètres de l’analyse de risque pour répondre à ses objectifs.

Voici la liste des pesticides pour lesquels le niveau de risque cancérigène a changé. Lorsque la classification est plus sévère, l’indice de risque est alors plus élevé et vice versa.

  1. Captane : possible → probable (novembre 2023)
  2. Folpet : possible → probable (novembre 2023)
  3. Thiabendazole : possible → probable (novembre 2023)
  4.  Metconazole : possible → données inadéquates pour une évaluation du potentiel cancérigène chez l’humain (juillet 2024)
  5. Thiencarbazone-méthyle : possible → données inadéquates pour une évaluation du potentiel cancérigène chez l’humain (juillet 2024)
  6. Topramezone : possible → probable (juillet 2024)
  7. Pyrifluquinazone : possible → probable (juillet 2024)

Les autres pesticides encore homologués pour lesquels il a fallu préciser l’appartenance à une des classes de cancérogénicité, mais pour lesquels la catégorie inscrite dans SAgE pesticides n’a pas changé sont l’acifluorfène, le fluxapyroxade, le pydifluméthofène et le pyroxasulfone.